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Les forêts de guerre dans le Grand Est

Mise à jour : 22 novembre 2018

Tranchées, trous d’obus, poilus, etc. Dans l’imaginaire collectif, ces mots sont associés à la Grande Guerre. Qui ajouterait le bois ou la forêt ? Et pourtant...

Matériau multi-usage, le bois sert à étayer les tranchées, à alimenter les fours, à fabriquer des lits, des crosses de fusil, des chemins de fer, des hélices d’avion, etc. Comme les balles, comme le pain, c’est une denrée stratégique. Sans les forestiers, sans les forêts, sans le bois, la Grande Guerre n’aurait probablement pas été ce qu’elle a été.

Les forêts dans la Grande Guerre

Le Grand Est compte plusieurs forêts de guerre, dont notamment :

    • Le Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin)
    • La forêt de Verdun (Meuse)
    • La forêt d’Argonne (Marne, Ardennes et Meuse)

Le Hartmannswillerkopf, la montagne mangeuse d’hommes

Le Hartmannswillerkopf (HWK) fut un champ de bataille stratégique durant la Grande Guerre. Afin d’assurer la persistance du souvenir des combattants, le comité du monument national du Hartmannswillerkopf a engagé dès 2008 un programme global de valorisation de ce lieu de mémoire. L’intervention de l’ONFOffice national des forêts consiste en :

    • des travaux sur la végétation,
    • la création du cheminement,
    • la mise en place de dispositifs de protection,
    • la réfection généralisée du chemin technique d’accès sur 800 m ,
    • des travaux de maçonnerie pour la stabilisation de certains ouvrages (en soutien avec la DRAC)
    • l’installation de 45 panneaux thématiques, du balisage et des mobiliers d’accueil

Verdun, la forêt de guerre : du creuset de l’enfer à la forêt d’exception

À l’occasion du centenaire de la bataille de Verdun, l’ONF, le conseil départemental de la Meuse et la fondation du patrimoine ont lancé un appel à souscription national « Verdun 1916, un centenaire, un héritage ». L’objectif est de préserver, grâce à de nouveaux aménagements paysagers, la mémoire de l’un des plus vastes champs de bataille de l’histoire, symbole de la guerre 14-18, et de favoriser sa transmission.

Vieille de moins d’un siècle, née sur le territoire dévasté du champ de bataille qu’elle a contribué à cicatriser, porteuse de la mémoire de la Grande Guerre comme d’une riche biodiversité, la forêt de Verdun a obtenu il y a quatre ans le label « forêt d’exception ».

Forêt d’Argonne, la nature en héritage

Loin de masquer les traces de la guerre, la forêt d’Argonne rend hommage aux combattants qui ont vécu ici de longs mois meurtriers, dans des conditions très difficiles. Le camp de Borrieswald et les plantes jamais identifiées sur ces sites avant-guerre racontent aujourd’hui l’histoire de la Grande Guerre.

C’est avec une émotion perceptible que les forestiers ont reçu cet été, au cœur de l’Argonne ardennaise, une délégation importante de la commission américaine du centenaire de la Première Guerre mondiale, en marge de la grande commémoration de l’offensive Meuse-Argonne organisée en soirée au cimetière de Romagne-sous-Montfaucon.

Pour mener à bien ce projet de mise en valeur du site, des fonds publics et privés sous forme de mécénat ont été mobilisés. Monique Seefried, commissaire de la WW1 Centennial Commission, a mis toute son énergie dans la promotion du projet ONF et a facilité les liens entre la France et les Etats-Unis pour collecter les dons américains, notamment à travers la fondation de la ferme de la croix rouge, dont elle est présidente.

Côté français, la souscription auprès de la Fondation du Patrimoine restera ouverte jusqu'en fin d'année.