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Un an après, quels résultats pour les comités régionaux de concertation des Harkis ?

Mise à jour : 14 décembre 2016

La création de comités régionaux de concertation des Harkis est une des dix mesures du plan d’action en faveur des Harkis, annoncées le 25 septembre 2014 par le gouvernement et visant à leur « intégration pleine et entière dans la communauté nationale ». En Île-de-France, il a été institué, par Jean-François Carenco, préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris, le 10 septembre 2015.

Un an après sa création, le dialogue est renoué

Ce comité régional a pour objectif de mettre en œuvre les deux grands volets du plan en faveur des Harkis que sont la reconnaissance et la réparation. Composé de représentants de l’État, de ses différents services  et des associations de Harkis, ce comité est composé de trois commissions : mémoire, logement et emploi formation.
Un an après sa mise en place, même si tous les problèmes ne sont pas réglés, le comité peut se féliciter d’avoir réussi à renouer le dialogue et favoriser la concertation entre les différentes associations et les administrations.
« Grâce à ce comité, nous avons enclenché un processus constructif et sincère de dialogue, de sensibilisation et d’échange d’information entre les administrations et les associations de Harkis » précise Jean-François Carenco, préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris.

Logement et emploi, les principales problématiques

Si le besoin de reconnaissance mémorielle est fort dans la communauté Harki, les principales préoccupations mises en avant lors de ce comité, sont d’ordre plus matériel et concernent principalement l’emploi et le logement.
En ce qui concerne l’emploi, la commission en charge de cette question a mis en avant le dispositif des emplois réservés dans la fonction publique et chacun s’est engagé à mieux le faire connaître auprès de ses interlocuteurs afin de le développer notamment dans les fonctions publiques territoriales et hospitalières. Actuellement, plus d’une quarantaine de dossiers  de demandes d’emplois réservés émanant de la communauté Harki sont suivis. Pôle emploi et la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) sont également très impliqués, au quotidien, dans le soutien  des démarches de recherche d’emploi des enfants de Harkis.
Au sein de la commission logement, la Direction régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement (DRILH) a largement relayé les informations concernant l’accès au logement social et notamment le droit au logement opposable. Une trentaine de dossiers sont actuellement traités en partenariat avec la DRILH et l’ONAC-VG (Office national des anciens combattants et victimes de guerre).
« À l’issue d’un an de "rodage", ce processus commence à donner des résultats encourageants pour la poursuite de la mise en œuvre du plan en faveur des Harkis en Île-de-France » a souligné André Rakoto, directeur du service départemental de l’ONAC-VG.

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POUR EN SAVOIR PLUS

Le plan d’action en faveur des harkis

Jeudi 25 septembre 2014, Manuel Valls, alors Premier ministre, a présenté un plan d'actions en faveur des Harkis. Comprenant dix mesures, celui-ci est issu de la volonté du président de la République de rechercher la justice et la paix des mémoires pour les anciens supplétifs de l’armée française durant la guerre d’Algérie et leurs familles. Il est aussi le fruit du dialogue constructif et régulier de Kader Arif, alors secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, avec le G12 harkis, instance de concertation que celui-ci a créée et installée dès son arrivée au gouvernement.

Ce plan vise une intégration entière des harkis et de leurs familles à la communauté nationale en leur accordant une pleine reconnaissance et une meilleure réparation.

Au titre de la reconnaissance, le gouvernement s’engage à :

  • faire connaitre l’histoire des Harkis, notamment au travers d’actions éducatives et  culturelles ;
  • donner à l’ONAC-VG la mission de recueillir les témoignages oraux des harkis ;
  • créer un lieu de mémoire et de recueillement au mémorial de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie, quai Branly à Paris ;
  • transformer en lieux de mémoire les anciens hameaux de forestage qui accueillirent plus de 10 000 harkis, conjoints et enfants de harkis après 1962, dans des conditions de vie extrêmement précaires, voire indignes ;
  • identifier les lieux d’inhumation spécifiques des harkis et de leurs enfants morts à l’intérieur des camps et enterrés de manière anonyme.

Au titre de la réparation, le gouvernement s’engage à :

  • créer des comités régionaux de concertation, composés de représentants associatifs des anciens supplétifs et de leurs proches, et destinés à faciliter et simplifier le dialogue avec l’administration ;
  • informer les membres de ces comités sur l’accès au logement social et notamment le droit au logement opposable ;
  • promouvoir le dispositif des emplois réservés pour les enfants de harkis auprès des trois fonctions publiques ;
  • revaloriser l’allocation de reconnaissance de 167 euros par an (pour un montant total de 1 million d’euros par an) ;
  • aider au rachat de trimestres de cotisation retraite pour les enfants de harkis, dont nombre ont été victimes de freins dans l’accès à la formation et à l’emploi du fait de leur hébergement dans des camps militaires. Ceux-ci bénéficieront d’une aide forfaitaire de 2 000 euros par trimestre, ce qui représente 60% du coût moyen pour ce type de rachat. Cette aide pourra aller jusqu’à 8 000 euros par personne, pour un rachat de quatre trimestres de cotisations (soit un montant total de 1,8 million d’euros).