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Territorialisation de la planification écologique

Mise à jour : 28 mars 2025

La Corse n’est pas épargnée par les changements climatiques en cours. Les projections actuelles de Météo France laissent craindre une hausse des températures de l’ordre de +4° C en 2100, comparativement à l’ère pré-industrielle. Cette hausse devrait être encore plus marquée en montagne, où, par rapport au littoral et depuis les années 1970, on observe un surcroît d’augmentation de +1° C à 500 mètres d’altitude selon le dernier rapport du Réseau Action pour le Climat.

Les impacts de ces évolutions sont multiples, avec notamment :

  • d’importants changements dans la pluviométrie entraînant une raréfaction croissante de la ressource en eau du fait de la moindre efficacité des précipitations et de la baisse de l’enneigement, ce qui induira des modifications en profondeur du cycle de l’eau,
  • une augmentation en fréquence et en intensité des évènements climatiques rares comme les canicules, les sécheresses, mais aussi les précipitations extrêmes, les tempêtes, avec une aggravation des risques qui en découlent : incendies, submersions marines, inondations…,
  • un accroissement de la vulnérabilité des écosystèmes et des espèces, pouvant entraîner des pertes d’abondance et des pertes irrémédiables de biodiversité, ainsi que la diffusion d’espèces exotiques envahissantes,
  • une baisse des rendements agricoles et des qualités nutritives des aliments,
  • tous ces facteurs ayant des conséquences en cascade sur l’alimentation, la santé et la mortalité humaines.

Dans ce contexte d’urgences climatiques et environnementales, la nécessité d’opérer une transition écologique et énergétique de grande ampleur fait largement consensus depuis des années.

 

Qu’est-ce que la « territorialisation de la planification écologique » ?

Aujourd’hui, partout en France, de nombreux acteurs privés et publics, de très nombreux citoyens, sont déjà passés à l’action, et concourent vigoureusement à la transition écologique.

Mais ces actions, parfois éparpillées, peuvent manquer de coordination et de lisibilité. La planification écologique doit nous permettre d’être plus efficaces, d’intensifier nos actions, en fixant un cap collectif clair, donnant de la visibilité, et en partageant un calendrier d’actions commun à tous les acteurs.

L’expression « territorialisation de la planification écologique » signifie simplement que la transition écologique a vocation à être impulsée dans le cadre d’un plan, structuré au niveau national. Et que ce plan doit être décliné, adapté, précisé, co-construit, animé, territoire par territoire, et notamment en Corse.

Dans un contexte d’urgences climatiques, météorologiques et environnementales, la nécessité d’opérer une transition écologique de grande ampleur fait largement consensus depuis des années en réponse aux prévisions et évolutions alarmantes dans ces domaines.

Pour mener cette transition, pourquoi a-t-on besoin de recourir à un plan, de mettre en place une planification écologique ? Parce que c’est une méthode permettant d’agir tous ensemble, de manière coordonnée, pour relever avec efficacité les défis d’une ampleur inédite posés par la transition écologique.

Cette démarche de planification, structurée et innovante, a été lancée en 2022. Elle place la France à l’avant-garde des pays engagés en faveur de la transition écologique, en permettant d’expliquer, de mesurer, secteur par secteur (énergie, transports, industrie, agriculture et alimentation, construction, gestion des déchets et de l’eau, préservation de la biodiversité, etc.), comment nous allons atteindre nos objectifs nationaux à l’horizon 2030 (et dans un second temps en 2050), en pleine cohérence avec les objectifs fixés au niveau européen, ainsi qu’au niveau international.

C’est un enjeu de crédibilité nationale très fort, qui a été élevé au tout premier rang des priorités françaises. Dans les années à venir, cette méthode permettra de suivre précisément l’évolution de notre trajectoire nationale au regard de objectifs impartis, et d’apporter les corrections requises, si cela s’avère nécessaire.

Cette démarche est impulsée par le Secrétariat général pour la planification écologique – le SGPE, créé en 2022 – placé sous l’autorité du Premier ministre.

 

Quels sont les objectifs fixés au niveau national, dans le cadre de cette planification ?

Il s’agit bien sûr, en premier lieu, d’accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans le cadre de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) . Pour faire face à l’urgence climatique, en respectant les Accords de Paris de 2015 prévoyant de rester sous la barre des 1,5 degrés d’augmentation des températures à horizon 2100, la France s’est fixé un objectif très ambitieux, imposant une accélération sans précédent de nos efforts : baisser de 55 % nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et de viser la neutralité carbone en 2050.

Mais il s’agit aussi, dans le même mouvement, de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique d’ores et déjà en cours, dans le cadre du plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC)  et de préserver nos ressources et restaurer la biodiversité, dans le cadre de la stratégie nationale biodiversité (SNB).

Les principaux objectifs au cœur de la planification écologique sont donc au nombre de trois : l’atténuation du changement climatique, avec réduction des émissions de CO2, la préservation de la biodiversité et de nos ressources, et l’adaptation aux évolutions climatiques inéluctables.

Les volets atténuation et préservation ont été au cœur des travaux menés en Corse en 2024.

L’adaptation au changement climatique, avec la déclinaison en Corse de la 3ème génération du PNACC mis à la concertation nationale le 25 octobre 2024, visant à « Préparer la France à +4° C », fera l’objet de travaux spécifiques à partir de 2025.

Pour de plus amples détails sur les objectifs envisagés dans l’ensemble des régions françaises, et notamment en Corse, on pourra prendre connaissance des informations mises en ligne par le SGPE via : https://planification-territoires.ecologie.gouv.fr/territoire/corse/objectifs .

 

Mise en place d’une « conférence des parties » (COP) régionale

Le terme « COP » est un acronyme anglais (« Conference Of the Parties ») utilisé pour se référer aux sommets internationaux réunis annuellement pour faire le point sur le changement climatique et la biodiversité. Pour clôturer l’année 2024, trois nouvelles COP sont réunies sous l’égide de l’ONUOrganisation des Nations unies : COP16 pour la biodiversité (en Colombie), COP29 pour le climat (en Azerbaïdjan), et COP16 pour la lutte contre la désertification (en Arabie Saoudite).

Cette démarche repose sur une logique d’action. Elle ne se substitue pas aux documents d’orientation, tel que le PADDUC, mais les décline en s’attachant aux projets qui concrétisent les objectifs de réduction de gaz à effets de serre, de préservation des ressources et de la biodiversité. Elle vise à susciter, faciliter, sécuriser et accompagner ces projets. Elle procède d’une appropriation et d’une adaptation à l’échelle des territoires de Corse et de leurs spécificités des ambitions et des leviers d’action identifiés à l’échelle nationale.

La COP a été lancée à Ajaccio le 15 mars 2024, avec le concours de la Collectivité de Corse, lors d’une réunion plénière rassemblant 200 acteurs locaux.

Elle s’est poursuivie notamment par l’établissement d’éléments de diagnostic reposant sur une analyse du contexte et des leviers à mobiliser, à l’échelle de la Corse, pour la transition écologique à l’échelle de la Corse, au regard des contributions fournies par les collectivités territoriales via un questionnaire dédié [1] , et la préparation d’une première esquisse de plan d’actions à l’horizon 2030, permettant d’expliciter la territorialisation de la planification écologique en Corse, et d’en assurer le suivi dans les années à venir.

  [1] Une synthèse nationale des éléments collectés via ces questionnaires peut être consultée via https://www.info.gouv.fr/upload/media/content/0001/10/a267a2ab2f768a1cc1d6f60807b27d443eef72ac.pdf

Dans le cadre du lancement de la phase de débats, dix groupes de travail thématiques ont été réunis entre le 4 et le 20 septembre 2024 à San Giuliano, Corte et Ajaccio, mobilisant plus de 500 participants avec le concours des collectivités locales, de la Collectivité de Corse et de ses opérateurs, de représentants des acteurs économiques et de la société civile, des services et opérateurs de l’Etat et d’experts académiques.

Ils ont permis de partager les principaux éléments de diagnostic englobant les différents leviers à mobiliser en Corse dans le cadre de la COP, de présenter et mettre en débat la première version des thèmes prioritaires et les actions, dans un état d’esprit participatif et constructif.

Les résultats obtenus via ces groupes de travail ont permis d’établir une nouvelle version du diagnostic et du plan d’actions régional. Cette version du diagnostic et du plan d’actions est téléchargeable ici .

Afin d’élargir la mise en débat de ces éléments, une consultation en ligne des parties prenantes et du grand public, d’une durée d’un mois, a été organisée du 19 novembre au 19 décembre 2024.

Afin d’élargir la mise en débat de ces éléments, une consultation en ligne des parties prenantes et du grand public, d’une durée d’un mois, a été organisée du 19 novembre au 19 décembre 2024.

Au regard de l’avancement des travaux régionaux, dont la présentation détaillée a été rendue disponible au téléchargement le 19 novembre 2024, les parties prenantes régionales et le grand public ont notamment été invités à :

  • contribuer à hiérarchiser les thèmes prioritaires (grandes priorités) et les actions d’ores et déjà identifiées, 
  • faire part de leurs ambitions au regard des grandes priorités identifiées, et des projets opérationnels qu’elles souhaitent porter pour contribuer à la concrétisation des différentes actions identifiées,
  • transmettre des remarques et de suggestions d'améliorations sur la version actuelle du diagnostic et du plan d'actions.

Cette concertation a permis de recueillir 77 contributions, qui peuvent être téléchargées ici . Une présentation synthétique des contributions obtenues est également téléchargeable ici.

Un total d’environ 180 participants y a pris part. Leurs comptes-rendus « bruts » sont téléchargeables ici .

La version actualisée du diagnostic et du plan d’actions régional au regard des contributions recueillies via la concertation en ligne et ces webinaires est téléchargeable ici.

La feuille de route régionale, dans sa version actuelle, comporte 28 « thèmes prioritaires » (ou grands défis), qui se déclinent au total en 90 actions détaillées dans ce document. Un résumé du diagnostic et du plan d’actions est également téléchargeable ici .

 

 Ces travaux, et notamment les thèmes prioritaires ou grand défis qui s’en dégagent, ont vocation à se décliner progressivement dans les Contrats de réussite de la transition écologique (CRTE) entre l’Etat et les EPCIEtablissement Public de Coopération Intercommunale, dont l’ambition en termes de transition écologique doit être renforcée à mesure de leur révision.

En 2025, les travaux s’élargiront notamment à la mise en place d’un dispositif de suivi, le traitement des difficultés structurelles faisant obstacle à l’activation de certains leviers, et des travaux spécifiques à l’adaptation au changement climatique.

Une réunion plénière de la COP de Corse aura lieu le mercredi 2 avril matin au Palais des Congrès d’Ajaccio.

Son ordre du jour prévisionnel est le suivant :

9h30 - Accueil café
10h00 - Propos introductifs et bilan des travaux 2024
11h00 - Table ronde sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre
11h45 - Table ronde sur la préservation de la biodiversité et l'adaptation au changement climatique
12h30 - Conclusion

Un dossier de presse dédié à cette séquence est téléchargeable ici