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Europe - Réunion du comité stratégique Brexit

Mise à jour : 08 octobre 2018

Michel Lalande, préfet de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France et Philippe Hourdain, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de région (CCIR), sont particulièrement attentifs à l’anticipation des conséquences que pourrait avoir le Brexit sur la région. Ils ont ainsi organisé, ce lundi 8 octobre, dans les locaux de la CCIR, un comité stratégique Brexit qui réunissait les CCIChambres de commerce et d'industrie locales, les représentants des services de l’État, des opérateurs portuaires et également Vincent Pourquery de Boisserin, coordonnateur national Brexit,depuis le 2 octobre dernier.

L’objet de ce comité est, tout d’abord, d’être à l’écoute des négociations et de leurs impacts potentiels et de suivre les politiques menées, en anticipation, par les différents services concernés.

Il vise également à ce que le travail mené par l’État le soit en synergie avec les collectivités et l'association Norlink Ports, qui rassemble les Ports de l'axe Nord et Eurotunnel, pour préparer concrètement et collectivement le dispositif qui sera négocié en novembre entre l'Union européenne et le Royaume-Uni.

Dans un premier temps, les services de l’État – la direction régionale des douanes, la direction zonale de la police aux frontières, la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt et Michel Tourbaire, sous-préfet de l’arrondissement de Calais – sont venus présenter, pour chacun en ce qui les concerne, la manière dont ils se préparent à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. A titre d’exemple, si aucun accord n’est trouvé, les contrôles aux frontières connaîtront une augmentation de 52 %, ce qui impactera inéluctablement les flux commerciaux et voyageurs. Le sous-préfet de Calais a donc initié un groupe de travail auquel participent le sous-préfet de Boulogne-sur-Mer et les représentants des opérateurs portuaires, afind’identifier les flux et les conséquences locales envisageables du Brexit.

Dans un second temps, les opérateurs portuaires – le grand port maritime de Dunkerque (GPMD), Eurotunnel, les ports de Boulogne-sur-Mer et de Calais – ont également présenté les mesures qu’ils ont, d’ores et déjà, mises en place. A titre d’exemple, le GPMD a entamé la construction d’un nouveau bâtiment qui aura vocation à accueillir les équipes de la police aux frontières dans le cadre du rétablissement des contrôles. Michel Lalande appelle également de ses vœux « à l’instar de nos parents qui ont construit la communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), la mise en place d’une initiative portuaire européenne ».

Vincent Porquery de Boisserin, coordonnateur national Brexit, est ensuite intervenu pour détailler son ambition. Le coordonnateur, en effet, a pour rôle d’obtenir un accord du Royaume-Uni et de négocier des conditions optimales de mise en œuvre du Brexit. Il doit également assurer l’interface entre le centre de décision national et les acteurs locaux qui assurent une réponse opérationnelle. Il a ainsi rappelé les enjeux de cette négociation « sans accord, le Royaume-Uni redeviendrait un pays tiers sans acquis communautaire. Si la négociation aboutit à l’obtention d’un délai, l’ensemble des recommandations opérationnelles des acteurs locaux pourraient être mises en œuvre ».

Après l’intervention de Xavier Bertrand, Michel Lalande a conclu la réunion de ce comité. Il a demandé à ce que l’ensemble des acteurs concernés considèrent le Brexit comme « irréversible ». Cela implique, par conséquent, un travail en synergie et aux échelles régionales et européennes pour prendre en considération les conséquences qui seront, selon lui, de trois ordres :

- le rétablissement des formalités douanières qui impacteront la circulation des biens, des personnes et des marchandises ;

- la gestion des flux qui nécessitera des moyens humains (effectifs de douaniers notamment), matériels (logistique, informatique..) et fonciers (postes de contrôle…) ;

- l’enjeu d’une coordination régionale, zonale, nationale et européenne pour que le Brexit se passe dans des conditions apaisées.

Enfin, il appelle de ses vœux la réalisation d’une communication large et étendues à l’attention des acteurs économiques mais également «  des particuliers, stagiaires, étudiants, ingénieurs, qui demain auront de nouvelles démarches à effectuer » et pérenniser notre attractivité.

Dans cette logique, une réunion d’information à l’attention des entreprises concernées par le Brexit sera organisée le 19 octobre prochain en préfecture du Nord.