Pour un usage raisonné des cultures agricoles pour la méthanisation afin de répondre prioritairement au besoin de fourrage de l’élevage breton

Mise à jour : 27 juillet 2026

La Bretagne, comme le reste de la France, est particulièrement affectée en cet été 2026 par la sécheresse : le département du Morbihan est désormais partiellement placé en niveau de crise et les 3 autres départements sont placés au moins partiellement en alerte renforcée.

Les pertes de rendement agricole observées ou anticipées, notamment en herbe et en maïs, laissent augurer des tensions sur la production de fourrage pour les élevages bretons, avec des difficultés d’approvisionnement et une hausse des prix prévisibles. Or une petite partie de la production de fourrage est aujourd’hui utilisée par les méthaniseurs bretons, afin de produire de l’énergie.

La Bretagne compte ainsi actuellement environ 280 méthaniseurs en fonctionnement. Ces méthaniseurs utilisent de la matière végétale pour produire du biogaz qui est valorisé en production d’électricité ou de chaleur ou injecté sur le réseau de gaz. En Bretagne, la très grande majorité sont des petites installations dites « à la ferme », la région comptant très peu d’installations industrielles ou de grande taille.

Pour leur fonctionnement, ces méthaniseurs font appel en premier lieu à des déchets et résidus (fumiers, lisiers, résidus de cultures, déchets verts, déchets agroalimentaires) pour 60 %, ainsi qu’à des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) qui protègent et nourrissent les sols entre les cultures alimentaires successives. Plus marginalement, ils utilisent aussi ponctuellement des cultures principales (essentiellement du maïs) et de l’herbe. Réglementairement, la part de ces intrants est plafonnée à 15 % du total des intrants dans chaque méthaniseur. En Bretagne, en moyenne 6 à 7 % seulement des tonnages utilisés dans les méthaniseurs sont du maïs.

Dans la situation actuelle, l’État appelle l’ensemble des exploitants de méthaniseurs à rechercher à limiter la concurrence entre les cultures agricoles utilisées pour leur fonctionnement et le besoin de fourrage pour les éleveurs bretons. Les producteurs de biogaz peuvent réglementairement réduire leur consommation de fourrage, y compris en deçà du niveau déclaré dans leur plan d'approvisionnement.

Un usage raisonné et solidaire des cultures agricoles est souhaitable pour faire face collectivement à cette situation exceptionnelle.