Souveraineté alimentaire : le Centre-Val de Loire dévoile sa feuille de route régionale
Grande région agricole, le Centre-Val de Loire veut désormais transformer et valoriser davantage sa production sur son territoire. Après la mobilisation de près de 800 acteurs de toutes les filières, les services de l’Etat, le Conseil régional, la Chambre régionale d'agriculture et l'AREA ont restitué les résultats de la phase territoriale des Conférences de la souveraineté alimentaire, le 17 juillet 2026 à la Chambre régionale d’agriculture.
Les quatre institutions partenaires ont présenté les travaux conduits depuis le printemps en Centre-Val de Loire. Cette démarche collective dresse un état des lieux lucide de l'agriculture régionale et fixe, filière par filière, une trajectoire à dix ans.
Le travail s'appuie sur une enquête et des ateliers sectoriels. Au total, près de 800 acteurs — producteurs, transformateurs, collectivités, instituts de recherche, interprofessions — ont été associés à la réflexion.
Le Centre-Val de Loire est une grande région agricole, avec 2,4 millions d'hectares cultivés et une place de 2ᵉ région française la plus spécialisée en grandes cultures. Pourtant, elle transforme encore trop peu sa propre production : le chiffre d'affaires de son agroalimentaire (3,4 Md€) reste inférieur à celui de sa production agricole (4,7 Md€), une singularité en France. Reconquérir cette valeur sur le territoire est l'un des enjeux majeurs de la démarche.
Les échanges ont fait ressortir plusieurs enjeux transversaux :
- le renouvellement des générations — 37 % des chefs d'exploitation ont 55 ans ou plus, avec une seule installation pour 1,8 départ ;
- le changement climatique, déjà mesurable, avec un réchauffement de 0,37 °C par décennie depuis 1959 et un « effet de ciseau » sur la ressource en eau ;
- le recul de l'élevage et le déficit d'outils de transformation régionaux.
La région peut compter sur des positions de leader (les AOP caprines par exemple), un agroalimentaire puissant, une viticulture en pointe et un écosystème d'innovation reconnu.
Après une décennie d'érosion, l’enjeu pour la plupart des filières sera de consolider les volumes avant d'envisager la croissance. Plusieurs ambitions concrètes se dessinent néanmoins : +7 000 ha de betteraves pour sécuriser les trois sucreries régionales, +10 000 ha de légumineuses pour répondre aux besoins d'industriels du territoire, un doublement de la production piscicole ou encore une part export viticole portée à 30 % d'ici 2030.
Ces travaux viennent alimenter les réflexions nationales qui doivent aboutir à une stratégie française de souveraineté alimentaire ambitieuse, partagée et opérationnelle, tenant compte des évolutions de marché mondiales, européennes et nationales, du contexte géopolitique, de l’impact du changement climatique et de la disponibilité des ressources.
Support de présentation des échanges :


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