Lutte contre les espèces exotiques envahissantes (EEE)
Chantier d’éradication de la Jussie à grandes fleurs dans la Réserve naturelle nationale de l’estuaire de la Seine.
L’introduction d’espèces exotiques envahissantes est considérée comme la 3ᵉ cause mondiale de déclin de la biodiversité après la destruction des habitats naturels et la surexploitation des espèces.
À ce jour, 17 espèces végétales sont répertoriées comme envahissantes en Normandie et 81 sont des espèces devant être surveillées pour leur tendance à se développer sans contrôle. Les plantes les plus ciblées par les opérations de lutte sont la Crassule de Helms, la Jussie à grandes fleurs, la Berce du caucase, la Balsamine de l’Himalaya et la Renouée du Japon. Au niveau de la faune on retrouve, entre autres, les ragondins, les rats musqués et les écrevisses de Louisiane et de Californie.
Un chantier exemplaire
Dans le cadre de sa mission de gestionnaire de la Réserve naturelle nationale de l'estuaire de la Seine, la Maison de l'Estuaire suit la répartition des espèces exotiques envahissantes végétales. Ce travail a entraîné la découverte d’une station d’une nouvelle espèce exotique envahissante végétale au sein des prairies subhalophiles : la Jussie à grandes fleurs, Ludwigia grandiflora. Cette plante invasive très agressive est capable de proliférer rapidement dans les milieux aquatiques et humides. Elle menace la flore locale, altère les équilibres écologiques et perturbe directement les activités agricoles et de chasse.
Une intervention précoce, dès la première apparition d’une espèce sur un territoire, est la meilleure des stratégies d’intervention. C’est avec cette volonté d’agir au plus vite qu’un chantier d’éradication de la Jussie à grandes fleurs a été organisé .
Ce chantier intervient dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030. Jean-Benoît Albertini, préfet de la Seine-Maritime et Elsa Pépin sous-préfète du Havre se sont rendus ce vendredi 18 juillet sur site, accueillie par Martin Blanpain, directeur de la Maison de l’Estuaire, et Bruno Lesoguierre, président de l’association gestionnaire de la réserve, la sous-préfète était accompagnée dans sa visite par Pascale Faucher, directrice territoriale de l’Agence de l’eau Seine-Normandie et Sandrine Pivard, directrice adjointe de la Dreal Normandie. Ils ont pu échanger avec les équipes techniques du chantier, les botanistes de la réserve et les conducteurs de travaux mobilisés sur le terrain.
Dans ce cas, les différentes opérations ont été engagées, avec un soutien financier de l’État via le Fonds vert biodiversité à hauteur de 92 280 € en 2025, et un cofinancement de l’Agence de l’eau Seine-Normandie à hauteur de 61 520 €. L’action, menée sur trois ans, prévoit un arrachage manuel minutieux complété par un décaissage mécanique et l’enfouissement des zones contaminées, pour un coût total de 153 800 € TTC.
Le chantier mobilise également une expertise technique importante et une coordination étroite entre les services de l’État, les gestionnaires d’espaces naturels et les financeurs publics.
Actions de terrain et sensibilisation du public
Plus globalement, le Programme régional d’actions relatif aux EEE (PREEE) vise à lutter sur le terrain contre ces plantes nuisibles à la biodiversité. Il est piloté par le Conservatoire d’espaces naturels de Normandie, qui anime un réseau régional d’acteurs et coordonne une brigade verte intervenant sur le terrain. Ce programme constitue un levier essentiel pour garantir une réponse efficace et durable tout en sensibilisant l’ensemble des acteurs du territoire, y compris les particuliers.
Les espèces exotiques envahissantes sont parfois encore plantées ou échangées à des fins ornementales, sans connaissance de leur dangerosité. Une attention particulière doit donc être portée à la formation des professionnels, à l’information du grand public et à la maîtrise des techniques d’éradication, afin d’éviter toute dissémination involontaire (stockage de déchets verts, bouturage, etc.).
Avant d’intervenir, il convient de se renseigner sur les protocoles spécifiques et de se faire accompagner d’experts. Ainsi, l’usage des produits phytosanitaires est déconseillé. Le stockage et l’évacuation des déchets liés à ces opérations doit également répondre à des règles strictes.
En savoir plus
Des informations sont disponibles sur les espèces à reconnaître et les bons gestes à reproduire sur le site du Programme régional d’action relatif aux espèces exotiques envahissantes: https://preee-normandie.fr/

