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Contexte et choix du site

La Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), adoptée en 2015 en réponse aux engagements pris lors de la COP21, vise à l’atteinte de la neutralité carbone de la France d’ici 2050 (équilibre entre les émissions et les absorptions de toutes les émissions de gaz à effet de serre et réduction de l’empreinte carbone).

Les différentes Programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE) constituent la déclinaison de la SNBC, définissant ainsi la stratégie énergétique et les objectifs en matière de transition énergétique à moyen terme de la France. La PPE 2 a été définie pour la période 2019-2028 et porte différents objectifs de réduction des consommations énergétiques et de produits fossiles. Dans ce cadre, EDFÉlectricité de France a remis un dossier au Gouvernement en mai 2021 proposant la construction d’une série de trois paires de réacteurs EPR2. Une concertation s’est tenue du 7 mars au 5 avril 2025 pour la troisième PPE, portant sur la période 2025-2035, et doit être traduite par décret courant 2025. Cette PPE3 devrait prendre en compte la relance de la filière de l’électricité nucléaire.

Dans le discours de Belfort, prononcé le 10 février 2022, le Président de la République a exprimé sa volonté de relancer la filière du nucléaire, via la prolongation de la durée de vie du parc nucléaire existant (au-delà de 40 ans) et la construction de nouveaux réacteurs. Le Président de la République a ainsi annoncé, après instruction du dossier de proposition d’EDFÉlectricité de France, un programme de nouveaux réacteurs EPR2 avec un objectif de mise en service de six réacteurs (trois paires) à partir de 2035 et l’étude de huit réacteurs (quatre paires) supplémentaires pour une mise en service d’ici 2050.

La loi dite d’accélération du nucléaire du 22 juin 2023, adoptée dans le sillage du discours de Belfort, prévoit notamment la simplification des procédures pour la réalisation des projets de nouveaux réacteurs à proximité des centrales existantes.

Le site à proximité de l’actuelle centrale nucléaire de Gravelines a été identifié dès 2021 pour implanter la deuxième paire de réacteurs EPR2, après le site de Penly (Normandie) et avant celui en Auvergne-Rhône-Alpes, compte-tenu du fort soutien des acteurs locaux à ce type de projet et des caractéristiques intrinsèques du site comme la disponibilité du foncier, l’accès au réseau électrique et l’accès à une source froide (ici, la mer).

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Le projet d'EPR2 à Gravelines

Qu’est-ce qu’un EPR2 ?

Le réacteur de troisième génération EPR2 (Evolutionary Power Reactor 2) constitue une évolution de la technologie de l’EPR, qui permet, en tirant parti du retour d’expérience des EPR, un haut niveau de sûreté, une recherche d’effet de série, une plus grande flexibilité de fonctionnement, ainsi qu’une réduction potentielle de la quantité de déchets générés et une optimisation du recyclage du combustible. L’EPR2 permet ainsi la production d’une électricité bas carbone pour au moins 60 ans dans un mix énergétique à forte composante en énergies renouvelables et tenant compte des enjeux du changement climatique à l’horizon 2100.

Les caractéristiques du projet de Gravelines

Le projet EPR2 de Gravelines vise la construction de deux nouvelles unités de production (1 670 MW électriques chacune) à proximité immédiate de la centrale existante, qui compte 6 unités de production (900 MW électriques chacune), en bord de mer.

Mis en œuvre dans le cadre d’un programme de trois paires de réacteurs électronucléaires, le projet EPR2 de Gravelines répliquera autant que possible les caractéristiques de la première paire de réacteurs actuellement en construction à Penly (76). Certaines spécificités liées à l’environnement du site nécessiteront des adaptations, notamment en matière de renforcement des sols et d’ouvrages de prise et de rejet d’eau de refroidissement. L’emprise prévue pour le chantier est d’environ 200 ha.

L’électricité produite par une paire d’EPR2, d’une puissance de 1 670 MWe chacun, représente environ 40 % de la consommation actuelle d’électricité de la région Hauts-de-France. Son exploitation est prévue pour une durée de 60 ans et la durée prévisionnelle du chantier est de l’ordre de 12 à 15 ans, y compris les travaux préparatoires.

EDF et RTE sont les deux maîtres d’ouvrage du projet : EDF est le porteur de projet de réacteurs, tandis que RTE assure leur raccordement au réseau public de transport d’électricité. En effet, le raccordement au réseau de transport d’électricité nécessitera notamment la création de quatre lignes électriques 400 000 volts (deux aériennes et deux souterraines) de deux souterraines de 90 000 volts.

Calendrier prévisionnel du projet

Le débat public sur le projet de nouveaux réacteurs nucléaires à Gravelines s'est déroulé du 17 septembre 2024 au 17 janvier 2025. Ce débat, organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP), a permis de recueillir une multitude de points de vue et de contributions sur ce projet d'envergure. Ses conclusions ont été restituées publiquement le 18 mars 2025.

Les maîtres d’ouvrage, EDFÉlectricité de France et RTERéseau de transport d'électricité, ont communiqué leur décision du 20 mai 2025 de poursuivre le projet. Ils ont également apporté leurs réponses aux recommandations de l’équipe du débat.

Le décret du 17 juillet 2025 a reconnu au projet son caractère d’intérêt général.
Depuis septembre 2025, une concertation continue est organisée par EDFÉlectricité de France et RTERéseau de transport d'électricité sur le projet EPR2 Gravelines et son raccordement, sous l’égide de garants de la CNDP.
Le 18 décembre 2025, l’État a reçu le devis de construction d’EDFÉlectricité de France du programme des six EPR2, qui est maintenant audité par la Délégation interministérielle au nouveau nucléaire (DINN).
Sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires, pour lesquelles une enquête publique devrait se tenir de mi-avril à mi-mai, les travaux préparatoires (aménagements préalables, terrassements et ouvrages de renforcement des sols nécessaires en vue de la construction des EPR2) pourraient démarrer au dernier quadrimestre 2026.

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La démarche d'accompagnement territorial, « Grand Chantier »

Très tôt, le besoin de disposer d’un cadre organisé pour traiter de manière coordonnée les enjeux liés au projet s’est fait sentir : accueil des salariés déplacés, besoins d’infrastructures (logement, transports), emploi, formation et compétences… Une gouvernance dédiée au projet s’est installée dans le cadre d’un plan d’actions territorial, lui-même en lien avec la démarche Dunkerque 2030.

Cette démarche se conçoit à l’échelle d’un large territoire d’incidence des projets de développement industriel, dont les implantations se concentrent sur le dunkerquois mais qui rayonnent de fait bien au-delà : la Communauté Urbaine de Dunkerque, Calais, Saint-Omer et Hazebrouck (zone dite du “carré magique”).

Un territoire engagé dans l’atteinte de la neutralité carbone

L’implantation des deux nouvelles unités de production EPR2 fait particulièrement sens dans ce territoire en pointe sur la décarbonation de l'industrie, qui développe un écosystème dédié et qui accueille plusieurs projets exemplaires de grande envergure sur le Grand Port Maritime de Dunkerque (GPMD). Dans un contexte où l’électrification des usages est particulièrement recherchée (les besoins en électricité sur ce territoire sont en très forte hausse dans les années à venir, 4,5 GW de capacité installée supplémentaire d'ici à 2040 selon RTE), la construction de moyens de production à proximité des sites électro-intensifs semble pleinement rationnelle.

Un projet EPR2 aux conséquences et enjeux majeurs pour le territoire

Les enjeux de développement économique local à venir sont majeurs pour le territoire et doivent constituer une opportunité de développement et de dynamisation des compétences ; les aspects liés à l’emploi, la formation et les compétences nécessaires pour le projet seront au cœur des échanges avec des attentes en termes d’ancrage territorial, de création et de renforcement des filières de formations adéquates et de revalorisation à long terme des compétences pour que ce chantier soit profitable durablement à la population du territoire.

Pour mémoire, il est notamment estimé que le chantier mobilisera au moins 8 000 salariés sur le site au pic du chantier, avec comme hypothèse que la moitié de ces salariés devront être logés à proximité du site pendant la phase chantier.

Les impacts territoriaux fonciers induits, tout comme la dynamique habitat et la politique de mobilité autour du projet nécessitent un travail partagé entre les différents acteurs et ce d’autant plus que la densité de projets industriels pose d'importantes questions d'aménagement du territoire, pour loger et acheminer les bâtisseurs dans un premier temps, et héberger les salariés des usines dans un second temps, tout en préservant le cadre de vie et les milieux naturels ou agricoles.

Le « Grand Chantier »

Animée par un coordonnateur placé auprès du préfet, la démarche « Grand Chantier » recouvre l’ensemble des mesures destinées à assurer de bonnes conditions d’accueil des salariés (logement, mobilité), et à accompagner le territoire dans la réalisation d’aménagements liés à l’augmentation de population, temporaire ou pérenne (logements, voiries, zones d’activités, services…). Le « Grand Chantier » vise également à accompagner les entreprises en matière de recrutement et de formation pour satisfaire les besoins du chantier en main d’œuvre locale. Il succède au plan d'actions territorial ( PAT EPR2) en place depuis novembre 2023.  
Officiellement lancé le 18 juin 2025, le « Grand Chantier » dispose de sa propre comitologie déployée autour d'un comité stratégique (CoStraT), de groupes de travail thématiques, d'une instance inter-groupes et d’un comité des financeurs.
Selon les termes de la charte partenariale signée par près d’une trentaine d’acteurs (collectivités territoriales, acteurs du monde socio-économique, opérateurs et services de l’État, EDFÉlectricité de France, RTERéseau de transport d'électricité...), la démarche « Grand Chantier » poursuit donc une double ambition :
    • Réussir le chantier industriel EPR2 en anticipant ses besoins (mobilité, logement, emploi, formation, services publics…)
    • Laisser au territoire un héritage structurant et équitable, par le soutien à des projets d’investissement pérennes et cohérents avec les autres dynamiques du territoire.

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