Retour sur le colloque « Habiter le Bassin minier »
Ce jeudi 20 novembre s’est tenu le colloque « Habiter le Bassin minier », organisé par l’Institut Fédératif pour le Renouveau des Territoires (IF2RT), la Mission Bassin Minier et la direction ERBM du SGARSecrétariat général pour les affaires régionales. L’événement a réuni plus de 120 participants issus des collectivités, du monde universitaire, des services de l’État, des bailleurs, d’associations et du secteur privé.
La journée a été ouverte par Madame Sandra Guthleben, sous-préfète de Lens, et Madame Margherita Balzeani, directrice de Louvre-Lens Vallée. Elles ont rappelé l’importance de poursuivre un travail coordonné pour améliorer durablement les conditions d’habitat et accompagner les trajectoires de transition du Bassin minier.
« Se loger dans le Bassin minier »
Animée par Sylvain Guerrini, cette première table-ronde a présenté les enjeux liés à l’habitat, à la qualité résidentielle et aux parcours des ménages, notamment :
• L’histoire du logement dans le Bassin minier
• La rénovation du logement social par l’ANRUAgence nationale pour la rénovation urbaine et l’ERBM
• L’effet des politiques de rénovation urbaine sur le peuplement
• Adapter l’offre de logement à la démographie
• Adapter l’offre de logement au changement climatique
• Le logement des cadres
Lors de la pause, une projection présentée par Madame Kristin Spectre (Université Gustave Eiffel) a mis en lumière la première étape d’un projet de recherche mené par des étudiants sur les trajectoires de transitions de plusieurs collectivités françaises. Deux d’entre elles se situent dans le Bassin minier : Loos-en-Gohelle et la Communauté d’Agglomération de la Porte du Hainaut.
La vidéo proposait une immersion de 5 minutes à travers des captations réalisées à Escaupont.
« S’impliquer dans le Bassin minier »
La deuxième table-ronde, animée par Grégory Mallier, a exploré les modalités d’implication des habitants, le rôle des jeunes, les pratiques de participation citoyenne et les leviers permettant de toucher les publics les plus éloignés. Parmi les apports :
• Le regard des habitants sur les cités minières UNESCOUnited nations educational, scientific and cultural organisation
Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture
• Un retour sur le projet PHOENIX, qui sensibilise les jeunes à la transition du Bassin minier après 4 ans d’expérimentation
• L’implication des citoyens dans l’élaboration du projet de territoire
• L’implication des citoyens dans la mise en œuvre des projets
• Favoriser l’engagement associatif, avec les exemples du Défi Trail des Pyramides Noires, où 10 femmes qui ne faisaient pas de sport ont couru 10 km, et de l’orchestre d’harmonie qui ambitionne de créer « la musique du Bassin minier »
« Choisir ou non le Bassin minier »
La troisième et dernière table-ronde, animée par Richel Sobel, portait sur les différentes dimensions de l’attractivité du territoire : économique, touristique et résidentielle. Les échanges se sont concentrés sur :
• Les données statistiques de l’INSEE : qui s’installe et qui part ?
• « Venir pour visiter » : l’exemple de l’Académie de l’Hospitalité de Lens Liévin Hénin Carvin Tourisme et les véloroutes du Bassin minier
• L’accès aux services de proximité
• La mobilité quotidienne : venir, repartir, se déplacer
Plus d’une vingtaine d’intervenants ont ainsi contribué aux analyses et retours d’expérience.
Une conclusion tournée vers l’action collective
Une première restitution vidéo d’un projet de recherche financé par l’IF2RT a été diffusée : « Au nord, c’était les corons : quels espaces émotionnels ? », consacré à la régénération du territoire par la culture, et présenté par Melvin Grefils (Université de Lille).
Deux grands témoins ont ensuite proposé une mise en perspective : Louise Herry, doctorante à l’Université de Lille et à l’ADULM, et Grégory Mallier de l’Université de Lille et à la Région Hauts-de-France.
Ils ont rappelé que le Bassin minier est un patrimoine riche, et qu’il n’existe pas une seule manière d’y habiter. Habiter le Bassin minier, ce n’est pas seulement être usager : c’est être un acteur du territoire, s’y déplacer, y travailler, y vivre.
Ils ont également souligné que les femmes et les hommes n’occupent pas le territoire de la même manière, et que cette diversité doit être intégrée dans les politiques publiques.
Les intervenants ont mis en avant l’importance d’associer les habitants, d’aller vers eux et de favoriser leur participation, afin de donner du sens aux actions engagées. La nécessité d’impliquer davantage les jeunes et les publics qui ne viennent pas spontanément a été fortement rappelée.
Ils ont également constaté que la mise en œuvre de ces dynamiques repose sur un décloisonnement des politiques publiques, permettant de dépasser les frontières administratives au profit d’approches plus systémiques et transversales.
Enfin, les grands témoins ont insisté sur l’existence de multiples récits du Bassin minier : une mosaïque d’histoires, d’expériences et de représentations. Construire ces récits avec les habitants, en s’appuyant sur les bonnes pratiques et les initiatives locales, apparaît essentiel pour nourrir un imaginaire partagé et accompagner les transformations du territoire.
Le programme complet et les ressources de la journée sont disponibles sur le site de l'IF2RT.
Une retransmission vidéo du colloque sera également prochainement mise en ligne.


