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Journée d’échanges intercultuels « Cultes et laïcité » à la préfecture de région

Mise à jour : 30 septembre 2022

Cultes et laicité

Magali Charbonneau, préfète, directrice de cabinet du préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris, a ouvert cette journée d’échanges en rappelant clairement son objectif : «  Nous avons souhaité faire vivre le dialogue avec les cultes et faire vivre la laïcité ».

Le principe de laïcité au cœur de la journée du 29 septembre

Principe de la République inscrit à l’article 1er de la Constitution de 1958, la laïcité est définie juridiquement comme la neutralité religieuse de l’État, l’absence de reconnaissance et de salariat des cultes par la République, le respect de toutes les croyances et l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction de religion et la garantie du libre exercice des cultes.

Tout au long de cette journée, le principe de laïcité a irrigué les échanges de cinq tables rondes réunissant universitaires, représentants des cultes catholique, protestant, juif, musulman et bouddhiste, aumôniers, agents de l’État, élus locaux et acteurs associatifs autour des perspectives historiques et juridiques du principe de laïcité, de la place des religions dans la République laïque, du rôle des aumôniers dans le libre exercice des cultes, de la formations des responsables religieux à la laïcité et des initiatives locales en faveur de la laïcité et du vivre-ensemble. Plus de 150 participants ont fait de cette journée un succès, riche de nombreux échanges entre acteurs institutionnels, acteurs de terrain et ministres des cultes, et l’application la plus concrète du cadre de liberté et de dialogue permis par le principe de laïcité.

Pour Xavier Guézou, délégué général de l’institut des hautes études du monde religieux (IHEMR) et modérateur de la table ronde consacrée aux perspectives historiques et juridiques du principe de laïcité, ce premier échange en présence notamment du professeur Jean BAUBEROT, a permis de « cerner le contexte et l’historicité du concept de séparation des églises et de l’état et de comprendre à l’apport juridique de la loi de 1905 ».

A l’occasion de la table ronde consacrée à « La place des religions dans la République laïque » et modérée par la préfète Magali Charbonneau, Ahmed Ouali, président de la coordination des associations musulmanes de Paris (CAP) a rappelé  que « la laïcité n’est pas l’hostilité vis-à-vis des religions » et a mis en lumière le nécessaire soutien de l’Etat aux responsables des associations gestionnaires des cultes dans la mise en œuvre des nouvelles dispositions de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République. Le grand rabbin de France Haïm Korsia a, quant à lui, tenu à souligner que « tous les samedis nous faisons dans notre synagogue une prière pour la République » et que le régime laïque français est une chance et une garantie de liberté précieuse pour les cultes, en comparaison d’autres exemples internationaux.

Une troisième table ronde modérée par Stéphane SCOTTO, directeur interrégional des services pénitentiaires d’Île-de-France et de Paris, a permis d’expliquer et d’illustrer concrètement le rôle fondamental des aumôniers pénitentiaires, hospitaliers et des armées pour garantir le libre exercice du culte dans les milieux fermés.

La laïcité comme vecteur du vivre ensemble : la formation des responsables religieux et le retour d’expérience des acteurs de terrain

La journée s’est poursuivie avec la diffusion du documentaire « Dieu à l’école de la République » de la réalisatrice Annick REDOLFI, portant sur la première promotion de la formation interreligieuse « Emouna, l’amphi des religions » proposée par l’institut d’études politiques de Paris avant la tenue d’une table ronde sur les enjeux et bonnes pratiques de formation des responsables religieux avec trois universitaires spécialistes de cette thématique.

Enfin, une dernière table ronde a permis de mettre en avant les réalisations concrètes d’acteurs de terrain des associations et des collectivités locales, en présence d’Emmanuelle Pierre-Marie, maire du 12e arrondissement de Paris. Ces témoignages issus de la société civile ont conduit à discuter de la pluralité des croyances et des convictions comme force pour construire l’unité républicaine et renforcer la citoyenneté.