Actualité

Le PRIJ en soutien à la jeunesse des quartiers pendant la crise sanitaire

Mise à jour : 30 avril 2020

L’insertion des jeunes issus des quartiers de la politique de la ville (QPV) constitue un enjeu majeur en Île-de-France, qui requiert un renouvellement de la réponse publique et une mobilisation renforcée de l’ensemble des acteurs concernés. Le contexte de la crise sanitaire du Covid-19 pose des problématiques particulières et aggravées dans les quartiers de la politique de la ville (QPV), surtout pour les élèves et les jeunes en difficulté d’insertion.

Aussi, le déploiement du Plan régional d’insertion pour la jeunesse des quartiers prioritaires (PRIJ), lancé par le préfet de la region d’Île-de-France en 2018 et qui permet d’accompagner plus de 3 000 jeunes décrocheurs sans solution, a été adapté en conséquence dans cette période de confinement.

L’objectif majeur dans ce contexte est d’encourager les 150 référents de parcours, qui assurent l’accompagnement personnalisé des jeunes, à poursuivre le lien avec les jeunes par téléphone et sur les réseaux sociaux, en leur apportant un appui.

La plateforme numérique dédiée au PRIJ ( https://insertion-jeunes.defi-metiers.fr/ ), animée par la préfecture de région et dont la gestion est confiée au GIP Défi métiers, a deux fonctions principales : servir d’espace de ressources professionnelles et de formation en ligne et servir de lieu de connexion et de partage d’initiatives pour tous les acteurs impliqués dans le PRIJ.

Cette plateforme, qui est très sollicitée durant cette période, vise à éviter le découragement des référents de parcours et la démobilisation des jeunes, en donnant à ces derniers des perspectives concrètes d’insertion, à l’issue du confinement.       

Pour celles et ceux qui le souhaitent, vous pouvez avoir un accès à cette plateforme en sollicitant Défi métiers à l’adresse suivante : insertion-jeunes@defimetiers.fr

Par ailleurs, la continuité éducative constitue un enjeu majeur dans le contexte de crise sanitaire du COVID-19, qui requiert une attention particulière dans les quartiers de la politique de la ville et les réseaux d’éducation prioritaire. De nombreuses initiatives partenariales ont émergé dans les territoires depuis le début du confinement, qui méritent d’être poursuivies. Toutefois, il est apparu nécessaire de renforcer la coordination de l’accompagnement des élèves et des familles les plus fragiles en mobilisant de manière structurée les différents acteurs de la chaîne éducative, en venant en appui de l’institution scolaire.

Aussi, le préfet de région et le recteur de la région académique ont établi un plan régional ayant pour objectif de soutenir l’accompagnement des élèves et des familles rencontrant le plus de difficultés dans ce contexte, et visant à constituer un cadre de référence de la continuité éducative dans les quartiers prioritaires.

Plus spécifiquement, dans le cadre du plan de 15 millions d'euros en faveur des quartiers prioritaires décidé par le Gouvernement, la préfecture de region et le rectorat ont lancé avec la Ville de Paris le 20 avril un accompagnement spécifique destiné à assurer un suivi des décrocheurs scolaires dans le contexte sanitaire actuel. Il se traduit notamment par un accompagnement renforcé de 1000 enfants résidant en quartier prioritaire de la politique de la ville à Paris.

****

 

Interview de Murielle, référente parcours PRIJ dans le département du Val-de-Marne.

Pour en savoir plus sur la mission des référents de parcours dans le contexte de l’épidémie du COVID-19, interview de Murielle, référente parcours PRIJ.

Référente parcours au PRIJ, en quoi consiste votre mission ?

La majorité des référents de parcours ont une formation ou une expérience d’éducateurs spécialisé, animateurs, médiateurs sociaux ou ont suivi un cursus d’éducateur. Pour ma part, j’ai un parcours atypique grâce à ma formation de formateur professionnel d'adulte (FPA) et une expérience significative de conseillère en insertion professionnelle qui m’a permis d’exercer au Pôle emploi et en mission locale. Ces deux expériences m’ont permis d’avoir une bonne visibilité des différents acteurs et dispositifs du territoire et de l’État. Cela fait environ 1 an que je suis référente parcours PRIJ à Villeneuve-Saint-Georges et à Valenton (3 QPV) et dans le cadre de mes missions, j’accompagne les jeunes dans leurs démarches et je suis également un relais entre eux et les dispositifs de l’État. En raison de mes champs d’action, j’adapte ma mission car j’exerce dans deux villes différentes où je dois m’adapter de deux façons différentes auprès d’un public de 16-25 ans.

En situation normale, ma mission se déroule sur le terrain (l’aller vers), ou sous forme de permanences qui sont des lieux stratégiques situés au cœur des quartiers ou dans le cadre d’entretiens tri-partite et organisés par les différentes structures (Mission locale, club de prévention spécialisée, …). Le bouche à oreille fonctionne entre les jeunes ce qui me permet d’être plus facilement en contact et d’établir une relation de confiance auprès de ceux qui n’osent pas se lancer. Selon le souhait du jeune, j’associe les parents et/ou les représentants légaux du jeune dans le suivi du parcours.

Dans le contexte de crise sanitaire, comment se poursuit votre mission auprès des jeunes ?

Je maintiens le lien avec les jeunes grâce aux outils dont je dispose comme mon ordinateur et mon téléphone. Je suis en contact avec environ une trentaine de jeunes qui sont aujourd’hui confinés mais qui étaient soient en CDD, CDI, mission d’intérim, en alternance, sur le point d’intégrer un emploi ou une formation, ou simplement demandeurs d’emploi avant les mesures de confinement.

Le jeune public est un public anxieux et plein d’interrogation ; le contact téléphonique est donc très important pour qu’il ne sente pas abandonné ou « laissé-pour-compte ».

Malgré le confinement, mon accompagnement se poursuit également pour les aider dans leurs démarches administratives qu’ils n’ont pas menées. Par exemple en “levant les freins” liés à la santé comme des démarches pour l’obtention d’une carte vitale.

Comment travaillez-vous avec la plateforme régionale pour l’insertion des jeunes ?

Cette plateforme collaborative lancée en juillet 2018 est très utile notamment en cette période de confinement. Grâce aux actualités des différents partenaires du PRIJ publiées grâce à un administrateur, nous prenons connaissance de leurs outils disponibles en ligne tels que les offres de formation, les offres pour l’emploi, mais également les soutiens psychologiques à distance que nous pouvons relayer aux jeunes que nous encadrons.

Pour citer un exemple, les CFACentre de Formation des Apprentis du bâtiment ouvrent virtuellement leurs portes et proposent des entretiens individualisés pour échanger sur l'orientation et les filières de formation du secteur. Récemment, j’ai pu également orienter des jeunes vers des MOOC (ex : développer des compétences en anglais, …) ou des tutos dont un qui leur permet d’apprendre à fabriquer un masque. Malgré la distance, cet accompagnement les rassure et cela aide aussi leur famille comme cette mère de famille qui ne maîtrise pas le français mais qui a pu avoir accès aux attestations de sortie obligatoires disponibles avec des dessins et bien sûr valable lors des contrôles.

Cette plateforme nous permet de aussi garder un lien avec les jeunes que nous accompagnons dans le cadre du PRIJ grâce aux vidéos grâce auxquelles ils partagent avec nous leur vie de confinés.