CAIR - CAMA : de la mise à l’abri d’urgence à l’accès durable au logement
Implantés sur un même site et opérés par l’association Aurore à Paris, le Centre d’accueil et de mise à l’abri (CAMA) et le Centre d’accueil et d’insertion des réfugiés (CAIR) s’inscrivent dans une logique de continuité de parcours des bénéficiaires pris en charge. Le premier répond à l’urgence sociale, tandis que le second vise la stabilisation et l’insertion par le logement.
Le Centre d’accueil et de mise à l’abri (CAMA)
Le CAMA est un centre d’hébergement de 70 places financé par le Budget Opérationnel de Programme (BOP) 303 à hauteur de 1 million d’euros en 2024. Son fonctionnement est assimilé à celui d’un Centre d’Accueil et d’Examen de la Situation (CAES) familles et les admissions sont validées par la préfecture de la région d’Île-de-France, préfecture de Paris, soit via l’accueil de jour Aboukir (Emmaüs), soit à l’issue d’opérations de mise à l’abri, soit encore lors de maraudes réalisées par France Terre D’Asile (FTDA).
Depuis le 1er mars 2024, à la suite de la signature d’un nouveau cahier des charges, le site a été transformé en structure d’accueil temporaire destinée aux familles sans solution d’hébergement. L’objectif est de proposer une mise à l’abri immédiate accompagnée d’une évaluation administrative et sociale permettant une orientation adaptée, soit vers le dispositif national d’accueil, soit vers l’hébergement généraliste. Les familles demandeuses d’asile ou en situation de grande vulnérabilité sont priorisées.
Au 11 février 2026, 15 ménages représentant 42 personnes y sont hébergés.
Un comité de pilotage organisé en novembre 2025 a permis de présenter le fonctionnement du centre et d’engager une réflexion sur l’avenir du site, dont la convention d’occupation prendra fin en 2027. Parallèlement, des comités techniques mensuels assurent un suivi régulier des situations et de l’activité du centre. La préfecture de la région d’Île-de-France, préfecture de Paris s’est proposé d’appuyer cette recherche, en lien avec l’unité départementale de la DRIHL à Paris.
Le Centre d’accueil et d’insertion des réfugiés (CAIR)
Créé en octobre 2019 à titre expérimental, le CAIR accompagne des bénéficiaires de la protection internationale (étrangers ayant obtenu le statut de réfugié, la protection subsidiaire ou le statut d’apatride) disposant d’un emploi ou engagés dans une démarche d’insertion professionnelle mais dépourvus de solution d’hébergement. Il est financé par le BOP 303 à hauteur de 2,8 millions d’euros en 2024.
L’accès au dispositif repose sur des critères stricts :
- bénéficier du statut de bénéficiaire de la protection internationale (sans condition d'âge) ;
- être en situation d'emploi (CDI, CDD, formation professionnelle) ;
- disposer d'un niveau de français A1 et participer obligatoirement aux cours de français dispensés sur place à horaires décalés, à raison de 6 jours/7, par l’école Thôt (financée par le BOP 104) ;
- disposer de droits ouverts sur le territoire (notamment sur les démarches administratives longues, impôts, demande de logement social...) ;
- avoir signé le Contrat d’intégration république (CIR) auprès de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration ;
- ne pas avoir été exclu d'un hébergement (pour faits de violence par exemple).
La durée de prise en charge est de six mois renouvelable une fois, mais la durée moyenne est d’environ onze mois.
Au 9 février 2026, 193 personnes sont hébergées.
En 2025, 54 personnes ont quitté le CAIR en ayant trouvé un emploi et un logement (ce sont les « sorties positives »), principalement dans le logement social. Depuis l’ouverture du dispositif, 473 sorties positives stables ont été réalisées sur 1233 admissions, ce qui témoigne d’une efficacité supérieure à celle observée en centres provisoires d’hébergement.
Une chaîne d’accompagnement cohérente
Le CAMA permet la mise à l’abri et l’évaluation rapide des familles sans solution d’hébergement, tandis que le CAIR sécurise l’insertion des bénéficiaires de la protection internationale par un accompagnement social, professionnel et linguistique renforcé. Ensemble, ces deux structures participent à un parcours allant de l’urgence sociale vers l’autonomie résidentielle durable.



