Interview de Thierry Reboul, directeur des cérémonies des JOP de Paris 2024
La Cérémonie d’ouverture entre en Seine
"Il nous reste moins de 30 jours pour finir le travail d’Hercule de cette première Cérémonie d’ouverture olympique hors d’un stade. Cette première mondiale qui fera de la France un précurseur en ce domaine et marquera l’histoire des Jeux faisant de Paris une édition à part. C’est cette singularité que nous sommes venus chercher sur la Seine. Celle qui marque la frontière entre le quotidien que l’on oublie vite et l’exceptionnel qui marque une vie. L’ambition fixée par Tony ESTANGUET de Jeux hors du commun qui crée cet héritage immatériel indispensable au vivre ensemble.
Pour y arriver toutes les équipes travaillent d’arrache-pied depuis des mois, des années. Celles de Paris 2024 bien sûr, avec ses agences de production exécutive et sa direction artistique, celles de l’État et de la Ville ensuite avec au premier rang les équipes de la préfecture de région, de la préfecture de police, des Armées, et l’ensemble des organismes gestionnaires du fleuve : HAROPA Port, VNF et la DRIEAT. Une série de sigles complexes qui cachent avant tout des centaines d’hommes et de femmes au service d’une idée. Et d’une ambition.
Ensemble, ils s’apprêtent à présenter au monde sans doute le plus grand événement jamais vu. Une équipe qui le jour J sera forte de 20 000 personnes. Une petite armée.
Mais au-delà du nombre, le plus remarquable et ce que je voudrais souligner aujourd’hui avant tout, c’est la capacité d’hommes et de femmes d’horizons et de cultures si différents à se comprendre et à travailler ensemble. Fonctionnaires, intermittents du spectacle, armateurs, danseurs, techniciens, comédiens, autant de métiers aux antipodes les uns des autres qui ont appris à se connaître, se comprendre et in fine à créer une communauté soudée au service de l’objectif commun.
Le 26 juillet, sur l’eau du fleuve, le monde défilera. Le monde regardera. Il verra près de 200 bateaux évoluer et traverser plus d’une dizaine de tableaux artistiques. Un spectacle total qui je l’espère marquera notre génération et sera les prémices de Jeux inédits, spectaculaires et fraternels que nous appelons tous de nos vœux.
Peu après, le fleuve retrouvera son rythme. Plus calme. Presque indolent. Mais il restera pour toujours le symbole d’une Ville qu’il a su reconquérir pour reprendre sa place. Celle, centrale, du cœur de la ville".



