Dossiers : Grande cause nationale 2025 : santé mentale
La santé mentale a été désignée Grande Cause nationale en 2025. Elle succède à l’activité physique et sportive, impulsée par les Jeux olympiques et paralympiques de Paris durant l’été 2024. Un choix qui répond à un enjeu majeur de santé publique alors qu’un Français sur quatre sera confronté à un trouble mental au cours de sa vie. Lever les tabous, améliorer l’accès aux soins, à l’information et renforcer la prévention sont au cœur des actions portées par l’Etat et ses partenaires.
Santé mentale au travail : enjeux et perspectives
L’enjeu de la santé mentale au travail
La santé mentale au travail est influencée par de nombreux facteurs, et l’organisation du travail joue un rôle central dans la prévention des risques psycho-sociaux
: en 2023, les maladies psychiques reconnues d’origine professionnelle sont en forte hausse (+ 25 %) et 12 000 accidents du travail étaient liés à ces risques (régime général).
L’organisation du travail, la régulation de la charge de travail, l’autonomie, la clarté des missions, la reconnaissance au travail ainsi que la qualité du management et des relations professionnelles sont autant de leviers pouvant prévenir l’apparition de troubles psychiques. Tous les secteurs d’activité et toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, sont concernées.
Investir dans la prévention primaire, en agissant sur ces déterminants organisationnels, est essentiel pour garantir le bien-être des travailleurs. Celui-ci est reconnu par l’Organisation mondiale de la santé comme un facteur clé de prévention en matière de santé au travail, contribuant à la performance et à la pérennité des entreprises.
Les dispositifs et leviers d'action
Dans le cadre de son obligation de protéger la santé physique et mentale de ses salariés, précisée par l’ article L4121-1 du Code du travail
, l’employeur est tenu :
- de mettre en œuvre des actions de prévention des risques psychosociaux, comme pour tout autre risque professionnel ;
- d’informer et de former ses salariés ;
- de mettre en place une organisation et des moyens adaptés.
Cela implique une organisation du travail adaptée et des stratégies particulières pour prévenir différents risques majeurs :
- le stress au travail ;
- les violences, physiques et psychologiques ( harcèlement moral
, violences sexistes et sexuelles
, discriminations
…) ; - le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel…
Comme tous les risques professionnels, les risques psycho-sociaux inhérents à l’activité de l’entreprise doivent être mentionnés dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP)
, préalable essentiel à toute démarche de prévention.
Les acteurs de la santé mentale au travail
Si la santé des salariés est une obligation incombant à l’employeur, plusieurs autres acteurs ont un rôle à jouer dans l’entreprise :
- le comité social et économique (CSE), obligatoire dans toutes les entreprises d’au moins 11 salariés, possède des attributions en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail
. Composé de représentants des salariés et de l’employeur, il assure la promotion de conditions de travail propices à la santé mentale. Dans les entreprises et établissements distincts d’au moins 300 salariés, ces attributions sont confiées à une commission de santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT)
dédiée, au sein du CSE ; - les services de prévention et de santé au travail (SPST) assurent la médecine du travail
. Ils sont chargés d’accompagner les employeurs, les travailleurs et leurs représentants en matière de prévention des risques professionnels. Ils reçoivent les salariés en souffrance psychique, les orientent et accompagnent l’employeur dans l’aménagement de leurs conditions de travail. L’employeur a obligation d’adhérer à un SPST ou d’organiser son propre SPST, dans le respect d’un cahier des charges national.
Plus généralement, chacun peut agir pour la santé mentale de ses collègues en se montrant à l’écoute, en s’abstenant de jugement et en sachant alerter en cas d’urgence.

